Coupe du monde : Ne perdez pas votre temps
Le vainqueur est déjà connu. And the winner is...
Vous regardez trop la télévision. Qui ne se souvient des propos de la marionnette de PPDA dans les Guignols de l’info. Le jeudi 11 juin commence la Coupe du monde 2026 de football. Il sera difficile de passer à côté. Qu’à cela ne tienne. Voici pourquoi vous pourriez vous en passer et consacrer votre temps à d’autres activités plus salutaires. Le vainqueur de la prochaine Coupe du monde est connu. Ce n’est pas la Belgique. Ni la France, rassurez-vous.
Joachim Klement, un économiste allemand chevronné et stratège de marché de la banque d’investissement britannique Panmure Liberum, a pronostiqué correctement le vainqueur des trois dernières éditions de la Coupe du monde : en 2014, l’Allemagne ; en 2018, la France ; en 2022, l’Argentine. L’ironie est qu’à l’origine il entendait se moquer de l’hubris de ses confrères économistes qui s’imaginent tout pouvoir modéliser et prédire dans un univers – l’économie – autrement plus complexe que celui d’une Coupe du Monde de football. Mal lui en prit. Il a réussi un fameux hat-trick.
Ses prévisions concernant la Coupe du monde attirent, dit-il, à chaque fois bien plus de lecteurs que tout ce qu’il publie d’autre. Il s’est donc attelé à la tâche pour la Coupe du monde de football qui se déroule cette année au Canada, aux États-Unis et au Mexique. C’est devenu une tradition parmi les banques, explique-t-il, de s’adonner au jeu des pronostics pour montrer que les économistes ont le sens de l’humour (ce qui n’est pas le cas) et sont capables de prophétiser l’avenir (ils en sont incapables). La plupart d’entre eux en sont incapables, mais apparemment pas tous, à preuve, Klement.
Plutôt que d’analyser la forme du moment des joueurs ou les dispositions tactiques à la manière d’un sélectionneur, Klement a conçu un modèle basé sur des paramètres macro-économiques et socio-structurels combinés à des indicateurs sportifs comme, par exemple : le PIB par habitant, qui fournit une mesure des ressources disponibles pour construire des infrastructures sportives ; la population, qui détermine le réservoir statistique de talents ; le classement FIFA, qui situe le niveau sportif historique des équipes nationales ; le climat (Klement y est très sensible) ; l’avantage du pays hôte ; le facteur « chance », introduit via des simulations dites de Monte Carlo.
L’élargissement de la compétition à 48 équipes rend les choses plus complexes qu’elles ne l’étaient auparavant avec un stade des seizièmes de finale (« Round of 32 »). Le modèle prédit que la plupart des favoris passeront le premier tour, à l’exception de l’un des pays hôtes, les Etats-Unis, qui ne termineront que troisièmes de leur poule (derrière l’Australie et la Turquie). Le modèle a-t-il été victime du Trump Derangement Syndrome ? Allez savoir avec ces robots qui nous hantent. Les quarts de finale et les demi-finales consacreraient en tout cas la domination des nations européennes.
En effet, les demi-finales seraient 100 % européennes, n’en déplaise à Mr T, avec les Pays-Bas, l’Espagne, l’Angleterre et le Portugal. Cela ne s’était plus produit depuis la Coupe du monde de 2018 en Russie, mais ce n’était pas la première fois puisque cela s’était déjà produit en 2006, 1982, 1966 et 1934. Cinq fois en 25 tournois, cela fait 20% des cas de figure. Au stade des demi-finales, tout peut arriver, avertit Klement. Les équipes sont d’un niveau proche, le résultat devient plus aléatoire, la chance s’en mêle encore plus qu’aux stades d’élimination directe antérieurs.
Quoi qu’il en soit, son modèle prédit qu’en demi-finales, les Pays-Bas vaincront l’Espagne et le Portugal, l’Angleterre. La finale opposerait ainsi deux équipes qui n’ont jamais gagné la Coupe du monde, comme ce fut le cas en 2010, lorsqu’elle opposa l’Espagne et les Pays-Bas. Klement s’en étonne lui-même : aucun des deux finalistes prédits par son modèle ne figure ailleurs parmi les favoris pour la victoire. Les plates-formes de prédiction estiment les chances du Portugal et des Pays-Bas de remporter le trophée à respectivement 7 % et 3 %, les favoris étant, dans l’ordre, l’Espagne, la France (Argh!), l’Angleterre (Oh! My gosh!) et l’Argentine.
And the winner is ? Les Pays-Bas ! Enfin, faut-il ajouter, car ils furent par trois fois finalistes de la Coupe du monde sans jamais la remporter. Pardon aux familles, tout ça, comme le disait Monsieur Sylvestre chez les Guignols. A présent, éteignez la télévision et allez vaquer à vos besognes. A tchao bonsoir !
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J'avoue ne pas avoir la télévision, n'avoir aucune envie d'"apprendre" ce que nos "responsables" voudraient que je me mette dans la tête....
Ce serait un bon pari à faire!