Le Conseil de déontologie journalistique, un organe d’autorégulation actif en Belgique francophone, a rendu le 18 février 2026 un avis reprochant au média en ligne 21News d’avoir publié l’intégralité du discours que le vice-président des Etats-Unis JD Vance avait prononcé à la Conférence de Munich sur la Sécurité, le 14 février 2025, sans y apporter la « distance critique » ou le « contexte » nécessaires. Le CDJ a estimé que cette publication entraînait la diffusion d’éléments de langage potentiellement problématiques sans médiation journalistique. La traduction française du discours, disponible en V.O. sur YouTube, a aussi été publiée par de grands médias français, sans que cela ne suscite l’émoi, mettant en évidence la différence de traitement de l’information et des opinions entre la Belgique francophone et la France voisine.
Selon le CDJ, les citoyens doivent être protégés et ne recevoir qu’une information vérifiée et filtrée, commente Pieter Bauwens sur le média flamand en ligne Doorbraak. En réprimandant 21News, le média belge en ligne fondé et dirigé par Etienne Dujardin, le CDJ, observe le rédacteur en chef de Doorbraak, donne involontairement raison à JD Vance. La journaliste française Eugénie Bastié et l’ancien recteur de la KULeuven Rik Torfs sont du même avis : condamner la diffusion d’un discours dénonçant les restrictions de la liberté d’expression revient paradoxalement à donner raison à son auteur.
Valeurs démocratiques et liberté d’expression
Dans ce discours, relève Bauwens, JD Vance a notamment déclaré que la liberté d’expression et les valeurs démocratiques sont menacées en Europe. Il a mentionné à titre d’exemples la censure sur les réseaux sociaux, l’annulation de l’élection présidentielle roumaine de 2024 au motif d’une ingérence étrangère présumée et la criminalisation de la prière (devant les centres d’avortement) au Royaume-Uni. Il a aussi évoqué la problématique migratoire qui, selon lui, affaiblit l’Europe.
Ce discours avait secoué le landerneau. 21News choisit d’en publier la traduction française intégrale le lendemain, 15 février 2025, sous le titre « Liberté d’expression, sécurité, immigration : le discours du vice-président Vance dans son intégralité ». L’objectif était de permettre aux lecteurs de le lire et de se forger leur propre opinion.
La publication fit l’objet d’une plainte apparemment de deux particuliers restés anonymes auprès du CDJ sur la base du principe du « cordon médiatique ». En Belgique francophone, explique Bauwens à ses lecteurs flamands, ce principe est interprété de manière beaucoup plus stricte qu’en Flandre : les personnalités d’extrême droite doivent être exclues des médias ou, à tout le moins, signalées.
Le 3 mars 2026, 21News a procédé à la publication (obligatoire) de l’avis du CDJ sur son site web. Selon le CDJ, 21News a manqué à sa responsabilité sociale en tant que média d’information en publiant le discours de Vance tel quel, sans le mettre en perspective, ni le rectifier. Le Conseil a estimé que certains éléments du discours étaient factuellement inexacts ou racistes et que tout ou partie du public pouvait néanmoins les considérer conformes à la réalité et légitimes, au risque de rendre ledit public hostile au fonctionnement des démocraties européennes ou d’inciter au racisme, à la discrimination, à la haine ou à la violence envers les migrants.
Une décision paternaliste
Etienne Dujardin (21News) a qualifié cette décision de paternaliste. Selon lui, la publication d’une source primaire (en fait disponible un peu partout) favorise la transparence et n’implique aucune approbation. Il a souligné que des médias français tels que Les Échos et Le Figaro avaient aussi publié la traduction intégrale du discours, sans que l’on y trouve à redire. Le Point a souligné le caractère inédit de l’avis du CDJ qui sanctionne un média pour avoir reproduit le discours officiel d’un vice-président américain prononcé dans une conférence internationale. C’est du jamais vu.
Bauwens insiste : la décision du CDJ donne raison à Vance. Les libertés de presse et d’expression sont sous pression sous des prétextes divers. Où la pensée unique s’impose, il n’y a plus de droit à la parole. Les journalistes francophones estiment que les citoyens ne peuvent pas lire des textes politiques sans qu’ils ne soient filtrés et interprétés. Bauwens rappelle à cet égard que la chaîne de télévision publique belge francophone a diffusé l’investiture du président Trump en léger différé, supposément pour pouvoir intervenir.
La presse devient ainsi, accuse-t-il, la police de la vérité. Elle est juge et partie. En effet, le CDJ est composé de journalistes et de professionnels des médias qui savent ce qui est ou n’est pas bon pour le public. Cela réduit considérablement l’étendue du débat en Belgique francophone. Il s’inquiète en conclusion : « Chaque opinion publiée doit-elle être approuvée par la rédaction ? Chaque opinion doit-elle désormais être encadrée et interprétée ? Et ces questions, combien de temps pourrons-nous encore les poser ? ».
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Le Conseil de Déontologie Journalistique (CDJ) en Belgique possède un pouvoir, mais il s'agit d'un pouvoir d'autorégulation et d'influence, et non d'un pouvoir judiciaire ou de sanction financière. Il agit comme un organe indépendant qui veille au respect de l'éthique journalistique.
Voici comment se manifeste son pouvoir :
Pouvoir d'avis et de rappel à l'ordre : Le CDJ reçoit des plaintes, les étudie et émet des avis sur le respect de la déontologie par les médias (presse écrite, sites web, radio/TV). Il peut rappeler à l'ordre des médias, comme cela a été le cas récemment pour des manquements à la déontologie.
Pouvoir d'auto-saisine : Le CDJ peut décider de se saisir d'office pour analyser une pratique journalistique qui pose question, émettant ainsi des avis plus généraux sur les enjeux déontologiques.
Influence et autorité morale : Ses décisions, bien que non contraignantes juridiquement, ont un impact sur la réputation des médias visés, encourageant l'autocorrection et le débat démocratique.
Définition de jurisprudence : À travers ses avis, le CDJ établit une jurisprudence déontologique (ex: sur la protection de la vie privée, le droit à l'image des mineurs) qui sert de référence pour le métier.
--> En revanche, le CDJ ne peut pas infliger d'amendes, suspendre un journaliste ou forcer la publication d'un droit de réponse. Il fonctionne sur base de l'adhésion volontaire au code de déontologie.
Donc, je ne comprend pas pourquoi 21News s'est soumis à cette association qui n'a aucun pouvoir juridique ou autre.
C'est visiblement un système qui a été établi afin de "censurer moralement" à tout va sans appel possible.
Typique de la francophonie belge... encore plus à gauche que la gauche !!!
Quel préjudice subirons-nous si on les ignore tout simplement?... les laissant braire dans leur coin... et la caravane passe.